Spectacle d’improvisation ou d’expression libre,
du match d’impro à la performance poétique.

50. Impro/Slam

Kheiron - En observation

De et avec Kheiron

Deux stand-upers d’origine iranienne dans la même soirée ? Après une intro de Kyan Khojandi, Kheiron démarre en scandant de sa voix claire un rap qui enchaîne les phases à tiroirs. D’emblée, le concepteur de la série « Les Voisins du Dessus » interpelle le public avec aisance, repère un DJ antillais, des sosies de Laurent Gbagbo et Michèle Alliot-Marie et le groupe de jeunes en difficulté qu’il coache durant la journée, avec son BAFA. La vanne est assez dure, mais balancée avec gentillesse.

Entre une observation sur la petite souris qui fait du trafic d’organes et sa défiance des Turcs qui font caca debout, Kheiron s’adresse aux Maghrébins pour leur signifier qu’ils n’appartiennent pas à la caste des Arabes convenables, ceux du Moyen-Orient. Il évoque ses voyages, compare le rôle de la vache dans les civilisations, rappelle que Jules César et Auguste ont marqué de leur empreinte les mois de juillet et août, et déplore que Buffalo Grill exploite les totems des Indiens d’Amérique. A l’instar des musiciens du métro qui passent devant un jury RATP, il imagine un casting de clochards et se demande pourquoi les filles qui traînent ensemble ont leurs règles en même temps.

L’improvisation joue un rôle majeur dans cette performance entre stand-up, slam et rap. Ultra réactif, le showman rebondit sur chaque humeur du public et part dans l’absurde instantanément, avec les situations les plus improbables. Kheiron tient les spectateurs en éveil jusqu’à un rap final où il reprend les thèmes traités pendant une heure et quart. Bref, le show de l’époque : un spectacle intelligent et instructif, ponctué de punchlines et de trouvailles renouvelées chaque soir.

En vedette américaine, Kyan Khojandi, auteur d’un premier one-man-show et du « festival de Kyan » sur France 4, analyse le flow de Jean-Pierre Pernaut, les voix off de M6 et la scansion des acteurs américains, caractérisée par ce qu’il appelle le « doublé-chuchoté », répétition sur un ton pathétique d’une phrase clé du film. Souscrivant à l’un des tics du stand-up, il imagine comment certains concepts ont éclos lors de brainstormings de pubards allumés.

Spectacle vu le 12 avril 2011 au théâtre Dix Heures (Paris 18e)


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