Kheiron – En observation

Deux stand-upers d’origine iranienne dans la même soirée ? Après une intro de Kyan Khojandi, Kheiron démarre en scandant de sa voix claire un rap qui enchaîne les phases à tiroirs. D’emblée, le concepteur de la série « Les Voisins du Dessus » interpelle le public avec aisance, repère un DJ antillais, des sosies de Laurent Gbagbo et Michèle Alliot-Marie et le groupe de jeunes en difficulté qu’il coache durant la journée, vu qu’il est titulaire du BAFA. Kheiron a la vanne facile, mais il balance toujours avec gentillesse.

Entre une observation sur la petite souris qui fait du trafic d’organes et sa défiance des Turcs qui font caca debout (comme d’ailleurs Rachid Badouri, le stand-uper apprend aux Maghrébins qu’ils n’appartiennent pas à la caste des Arabes convenables, ceux du Moyen-Orient. Il évoque ses voyages, compare le rôle de la vache dans les civilisations, rappelle que Jules César et Auguste ont marqué de leur empreinte les mois de juillet et août, et déplore que Buffalo Grill exploite les totems des Indiens d’Amérique. A l’instar des musiciens du métro qui passent devant un jury RATP, il imagine un casting de clochards et se demande pourquoi les filles qui traînent ensemble ont leurs règles en même temps.

L’improvisation est au coeur de sa performance nourrie de stand-up et de slam. Ultra réactif, le showman rebondit sur chaque humeur du public et part dans l’absurde en imaginant les situations les plus improbables. Kheiron tient les spectateurs en éveil jusqu’à un rap final où il reprend les thèmes traités pendant une heure et quart. Bref, le show de l’époque : un spectacle intelligent et instructif, ponctué de punchlines et de trouvailles renouvelées chaque soir.

NB : En vedette américaine, Kyan Khojandi, auteur d’un premier one-man-show, du festival de Kyan sur France 4 et du désormais mythique Bref, analyse le flow de Jean-Pierre Pernaut, les voix off de M6 et la scansion des acteurs américains, caractérisée par ce qu’il appelle le « doublé-chuchoté », répétition sur un ton pathétique d’une phrase clé du film. Souscrivant à l’un des tics du stand-up, il imagine comment certains concepts de la vie quotidienne ont pu voir le jour lors de brainstormings allumés.

DANS LA MÊME RUBRIQUE

3 Comments

  1. Pingback: Rachid Badouri - Arrête ton cinéma - CRITICOMIQUE

  2. Pingback: 60 minutes avec Kheiron - CRITICOMIQUE

  3. Pingback: Kyan Khojandi dans Pulsions, co-écrit par Navo - CRITICOMIQUE

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

5 + 5 =