Brita Baumann (Les Cadouin #2)

Objet théâtral dans la lignée des Deschiens, avec une ambiance désespérée à la Strip-tease, Les Cadouins dresse le portrait d’une famille bretonne reconvertie en orchestre de bal. Dans cette 2e partie intitulée Brita Baumann, du nom de la correspondante allemande mutique et incomprise, le père tyrannique fait répéter ses deux filles, son beau-frère et sa nouvelle compagne à la voix suraiguë sur des hits de Bécaud, Indochine ou Zouk Machine. Oh yeah !

La scénographie participe à cette atmosphère irréelle ou angoissante, dans un décor de panneaux de toile brodée, distanciation burlesque très réussie. Chaque caractère est bâti comme un clown, visages mortuaires maquillés de blanc : la fille amorphe à la poitrine hypertrophiée, sa cadette lubrique, le tonton sur la lune que personne n’écoute, la belle-mère pétomane et chichiteuse…

On passe du burlesque à la mélancolie, lorsque la correspondante allemande écrit des lettres désespérées à son frère. L’alternance de jeu et de chansons donne à la pièce un caractère d’inquiétante étrangeté, façon cauchemard à la David Lynch, car les personnages chantent mal et un peu faux ces reprises de variet’ dans des soirées glauques… Tous les comédiens incarnent subtilement ce texte très bien écrit, tout en décalages, avec ce qu’il faut de justesse et de détachement pour qu’on y croie et qu’on en rie.

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