Denis Maréchal joue !

Comme quelques stand-upers dans l’air du temps, Denis Maréchal commence par dire que l’important est d’avoir un bon début et une bonne fin, feignant de s’arrêter avant d’avoir démarré. Le ton, parfaitement posé, annonce un show du niveau du premier spectacle, passé le mauvais épisode de la seconde. Denis Maréchal Joue, et les quatre lettres de ce mot, disposées sur scène, lui servent de table ou d’accoudoir lorsqu’il confie au public sa lose au quotidien, façon Jérôme Daran. Tranquille, il déroule une tchatche posée aux effets réussis. Comme d’habitude, le rythme est là, cette fois un peu changé, avec plus de pauses, de silences. En mode stand-up, ses personnages oubliés à l’exception de l’haltérophile Ruth dont il évoque la toison touffue et les prises de catch, Maréchal tchatche sur un ton juste, rarement sérieux, alternant sa propre voix avec celle de l’enfant attardé qui ne comprend rien au jeu social.

Mal à l’aise avec les filles, il raconte la technique de la dernière chance, quand il embrasse furtivement une partenaire réticente avant d’ajouter « excuse-moi j’sais pas ce qui m’a pris ». Ça va mieux depuis qu’il est avec sa copine, mais quand celle-ci lui demande un témoignage d’amour, il ne trouve rien de mieux à dire que : « je te respecte en tant que citoyenne ». En plus, leur l’entourage leur met la pression pour faire un enfant, d’où quelques remarques acerbes sur la laideur des nouveaux nés. On sent ici la collaboration artistique de Florence Foresti qui consacrait son deuxième show aux souffrances de l’enfantement et à la galère des jeunes parents…

Avant d’être père, Maréchal fait le bilan de sa vie. Mais il se rend compte qu’il ne sait rien, à part peut-être deux infos : 1515 Marignan et 6 fois 6 = 36… Difficile à ressortir dans les dîners. Autant dire qu’il aurait besoin d’une série de Que sais-je ?… Pour les Nuls. Il multiplie les calembours vaseux ou les réflexions candides, notamment dans un passage sur les clips de rap repris au show précédent.

Un autre sujet l’intéresse : la langue française, avec ses expressions agaçantes (« au jour d’aujourd’hui »), tout comme la syntaxe douteuse Christophe Mahé (« c’est ma terre où je m’assois »), sans oublier la génération SMS qu’il évoque en livrant d’authentiques bribes de chats sur facebook. Pas de doute, il est de l’ancienne école !

Depuis ses débuts, Maréchal semble avoir affûté son jeu. Toujours maître du rythme et de son phrasé, il semble désormais varier son débit à loisir. Actuel, à la fois simple et suggestif, son texte touche tout le monde, d’autant qu’il souligne son propos de mines idiotes, sceptiques ou stupéfaites en arrêt sur image. Bien joué, donc !

Quelques punchlines :
Dialogue avec sa copine qui inspecte sa penderie :
– « J’ai rien à me mettre ! »
– « Mais moi j’ai un truc à te mettre… Ce magnifique collier que je t’ai acheté ».

Une fille fait l’horoscope du mec de sa copine :
– « Bélier, trop pas ! En plus, en ce moment, il a du mercure dans sa lune. Ça l’irrite !  »

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