Rachid Badouri – Arrête ton cinéma

Petit homme à la tête de caillou, Rachid Badouri, très connu au Québec, retrace son parcours selon une tendance autobiographique en vogue dans le stand-up : il suffit de voir « Il était une fois Franck Dubosc », le « coming out » de Kavanagh, ou « les confessions de Rousseau » duquel il semble inspiré.

Voilà l’histoire d’un ancien fan de Michael Jackson, ex B Boy (on dit « fresh » au Québec) alias « MC Rash » qui enchaîne couronnes et pas de danse, marche comme un chef de gang paraplégique et affronte en battle d’autres danseurs pour emmener une fille au Mac do… Il évoque aussi sa phase de « gino boy » gominé, l’équivalent québécois du « mia » marseillais chanté par IAM, et la rencontre de sa copine asiatique sur laquelle il vomit dans les montagnes russes – et qu’il imite avec une tête bridée à la Michel Leeb. Débarquant pour la première fois dans le village berbère de sa famille, au Maroc, Badouri décrit sa découverte traumatisante des toilettes à la turque comme Kheiron, lui qui est habitué aux standards sanitaires d’Amérique du nord.

Le tout est rythmé par l’image émouvante d’un père terrorisant, sévère et directif, qui lui dit « ta gueule quand tu me parles », ainsi que par sa passion du cinéma qui lui fait prendre la vie pour un film d’action. On sent chez Badouri l’influence du style vif et rythmé de Gad Elmaleh et ce talent complet qu’ont les stand-upers outre-atlantique. C’est précis, physique, chorégraphié : le performeur a dû travailler énormément pour en arriver là.

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