Gala Jokenation en français du Montreux Comedy Festival

Après le gala en anglais, l’auditorium Stravinski de Montreux, toujours aussi impressionnant, accueillait le gala francophone dont on avait vu la finale française début novembre au Palais des Glaces. Le tonitruant Rachid Badouri présente la soirée avec une réactivité à toute épreuve, adaptant toujours son propos à l’humoriste qui vient de passer. Soit, en ordre dispersé, neuf stand-upeurs provenant de Suisse, de Belgique, de France, d’Afrique francophone et du Québec.

Depuis le début du festival, on attendait une allusion aux attentats, et c’est Vérino qui s’en charge avec finesse, avant son sketch sur les distributeurs de pain, en pointant l’imbécillité de certains terrorises qui louent des Clios avant d’accéder au paradis. En tant que Belge, Guillermo Guiz explique que son quartier de Molenbeek est une nourricière à terroristes, puis il évoque la difficulté des Espagnols à prononcer son diminutif, Gui, alors que Guillermo ne leur pose pas de problème.

Charlotte Ntamack qui représente le Cameroun, déçoit un peu en resservant des clichés macho sur ces femmes qui se trimbalent leurs kilos en trop, comme les hommes leur calvitie. Heureusement Alex Vizorek ramène un peu de culture en commentant avec un décalage comique mais non sans exactitude d’authentiques œuvres d’art contemporain, de l’arte povera à la machine à merde de Wim Delvoye.

L’idée de mettre un mime australien pour apporter une respiration visuelle était-elle bonne ? Grégoire Furrer nous confiera que non, ça devait durer deux minutes et ça en dure dix avec une spectatrice peu joueuse invitée sur scène…

Mamane, découvert aux côtés des futurs artistes du Jamel Comedy Club alors qu’il se produisait dans Barres de rire, introduit le public à sa République Démocratique du Gondwana dont il réserve quotidiennement la chronique aux auditeurs de RFI. Thomas Wiesel témoigne d’une certaine assurance, l’ambassadeur suisse sert un stand-up classique sur les transports. Autre Suisse, Alexandre Kominek analyse la danse reggaeton avec une certaine vigueur oratoire, Rachid Badouri nous rejoue son premier voyage au Maroc et le Québécois Pierre-Bruno Rivard fait presque le même sketch qu’Akim Omiri a Paris, filant une passante la nuit dans la rue pour lui faire peur (c’est drôle ?), jusqu’à ce que la situation s’inverse, d’accord…

C’est avec prestance et assurance que le Français Adrien Arnoux rejoue, pour la troisième fois consécutive (après la finale française Jokenation et la première partie de Shirley), le même extrait de son spectacle qui ne fait encore que dix minutes, mais qu’il perfectionne pour avoir, à la fin, une heure irréprochable.

Grâce à la fougue et à l’énergie du maître de cérémonie Rachid Badouri, le gala Jokenation tient ses promesses et reste une des meilleurs soirées du festival !

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