Nobody d’après Falk Richter, mis en scène par Cyril Teste

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  • De Falk Richter. Mise en scène Cyril Teste. Avec le collectif d’acteurs La Carte Blanche : Elsa Agnès ou Valentine Alaqui, Fanny Arnulf, Victor Assié, Laurie Barthélémy, Pauline Collin, Florent Dupuis, Katia Ferreira, Mathias Labelle, Quentin Ménard, Sylvère Santin, Morgan Lloyd Sicard, Camille Soulerin, Vincent Steinebach, Rébecca Truffot.
  • Spectacle vu le 22 septembre 2016 à
  • Réserver sur liens Fnac

Nobody est une performance théâtrale et filmique. Le dispositif est singulier : au-dessus de la scène qui semble un aquarium sous verre où s’agitent les protagonistes, un écran les montre en gros plan, filmés en direct par deux cameramen évoluant parmi eux. A l’instar du Dogme95 auquel répondaient les films de Thomas Vinterberg et Lars Von Trier, le collectif MxM a fixé les règles de la « performance filmique », soit une  performance théâtrale et cinématographique réalisée, montée et mixée en temps réel. Cyril Teste, qui a déjà mis en scène les textes du dramaturge allemand Falk Richter, a créé Nobody avec un collectif de jeunes acteurs talentueux, La Carte Blanche.

Le sujet ? Le management sauvage d’une entreprise où chacun évalue en continu son voisin, le note, voire l’exclut. Jean Personne est consultant en restructuration d’entreprise. Il travaille chez Outsource, cette boite dont on découvre le logo, les bureaux, les employés. A force de brainstormings, d’évaluations, de recadrages, ce monde devient infernal : on empiète sur la vie privée de chacun, on analyse sa personnalité, on gomme toute part de liberté ou de résistance.

Le résultat c’est un plan séquence d’1h30, une plongée glaçante et clinique dans un univers managérial qui dresse ses agents les uns conte les autres. Les acteurs se muent en employés corporate plus vrais que nature, chacun devenant un rouage de cette machine représentée de manière hyperréaliste. Transparence asphyxiante, dévoilement total : plus personne n’a d’intimité dans ce monde ultra fliqué où même les performances sexuelles sont analysées par une instance de contrôle. Tout est disséqué en détail et en gros plan sur l’écran qui grossit encore l’effet de cette cage de verre où se meuvent les personnages.

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