Nora – Le Show inutile

Le prototype de la stand-upeuse parisienne branchée, spirituelle et un peu méprisante, est assez en vogue (voir Joséphine, 25 ans aussi, Anne-Sophie Girard ou Carole Guisnel). Jolie fille un peu alanguie, Nora évoque avec un brin de nonchalance son couple, sa vie trépidante faite d’achats de jeans moulants à Passy et s’en prend ironiquement à la province, réservoir de la France où tout semble avoir été fabriqué pour l’usage des Parisiens… Comme Joséphine, Nora commence le show sans apparaître sur scène, à ceci près qu’elle laisse les spectateurs quelques instants dans le noir complet.

Si Nora reprend à Foresti le « voyez comme je suis belle » ou à Gad Elmaleh le « bonsoir Paris, ça va, faites du bruit » non reproductible au quotidien, elle pose néanmoins un regard singulier sur quelques lieux communs du stand-up, comme facebook, « sujet désuet », ou les filles de Sex in the City auxquelles, à l’inverse d’Anne-Sophie Girard, elle ne peut s’identifier. Jalouse, son imagination fourmille d’images obscènes quand son mec part pour une soirée déguisée « pute et mac », à moins qu’elle ne se mure dans un silence censé lui faire comprendre qu’elle est profonde « comme un puits sans fond ».

On a droit à une séquence de rêve bercée de lumière rose, mise en abîme un peu pompeuse à la Inception, et à un zapping télé pas très carré, sans interaction entre le monologue un peu poussif de Nora et les images qui défilent. Un coin vidéo lui sert, d’ailleurs, à faire des clins d’œil à l’art contemporain qui se posent sur le spectacle comme des cheveux sur la soupe…

Nora du talent, une vraie décontraction dans son attitude et son élocution, mais on dirait qu’elle peine à sortir de son rôle de Parisienne à la recherche d’une image de « fille cool ».

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