Rétro futur, un cabaret entre tradition et modernité

Rétro futur ? On pourrait croire que ça désigne l’attelage improbable entre Shirley et Dino, vieux de la vieille habitués de chez Patrick Sébastien, et la nouvelle garde du cabaret, à travers deux membres des Chiche Capons, le tandem de la Compagnie Spectralex et, entre tradition et modernité, Raymond Raymondson. Oui, il y a un peu de ça. Mais Rétro futur c’est aussi un délire spatio-temporel qui exploite la rotonde octogonale du WIP Villette, avec son style de vaisseau spatial, dans le délire à la Star Trek proposé par Diane Bonnot et Arnaud Aymard. Le public est attablé au centre de la salle, façon dîner-spectacle, et deux scènes permettent à notre brochette d’artistes d’aller et venir à tout bout de champ.

Ca commence d’ailleurs en haut d’un escalier en colimaçon où Arnaud Aymard apparaît en cantatrice transgenre, robe à paillettes et perruque violette. Et puis ça file d’une scène à l’autre, dans des parodies de chorégraphies music hall, entre une Diane Bonnot à la robe blanc immaculé et une Shirley aux froufrous un peu attendus. Comme le souligne Fred Blin au moment de saluer, il y a beaucoup d’impro dans ce cabaret inégal et foisonnant, qui tient un peu du Guest Chiche show, tout comme d’Ave Pussycat et du Cabaret extraordinaire, sans Maria Dolores en maîtresse de cérémonie.

C’est tantôt stimulant, avec des fulgurances peu exploitées comme ce duo de musiciens eskimos incarné par Ricardo Lo Giudice et Diane Bonnot, ou cet autre duo où Arnaud Aymard, en vieux rocker à la voix tremblante, accompagne Fred Blin en midinette jouant de la contrebasse avec les bourrelets de son collègue. Mais il y a aussi des passages « rétro » un peu lourds, avec ce couple de Ritals tout justes bons à faire des pizzas, accent appuyé et acrobaties foireuses, incarné de façon récurrente par Ricardo et Dino.

Les deux zigotos de Spectralex ne déçoivent pas en amoureux transis, tout comme Fred Blin en Roi de France « saoulé » dans un remix des Trois Mousquetaires. Enfin, Diane Bonnot brille en Princesse Cassandre intersidérale, malgré le coté bordélique de cette improvisation finale. Dommage que Raymond Raymondson ne fasse que quelques d’apparitions palotes, loin de la fougue de son numéro de magicien trash…

C’est louable de la part de Gilles et Corinne Benizio d’avoir mis en lumière ces artistes sans doute pas reconnus à la mesure de leur talent. Ils ont dû bien se marrer en improvisant ces saynètes à la fois ringardes et futuristes qu’ils jouent avec enthousiasme, même si 2h20 à ce régime (incluant un entracte), c’est sans doute un peu long.

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