Fair-play, avec Patrice Thibaud et Philippe Leygnac

Imprégné de l’univers de Jacques Tati – qui avait commencé sa carrière avec un spectacle de pantomime sur le sport –, Patrice Thibaud a lui aussi imaginé une création burlesque, proche du mime, évoquant l’univers du sport à travers la plupart de ses disciplines. On a un peu peur au début, mais cette série de saynètes presque muettes conquiert le public. Le gros et le petit, qui se sont rencontrés sur un spectacle de Deschamps et Makeïeff, forment un tandem charismatique.

Athlétique et sec, Philippe Leygnac – qui est aussi un pianiste hors pair, et même un trompettiste – se prête volontiers aux injonctions de son entraîneur, souvent joué par Patrice Thibaud, qui a du bagout et de la poigne. Le premier n’arrête pas de courir, de sauter, de boxer, soutenu par les cris d’encouragement aigus et comiques du second qui se lance parfois dans des solos équins ou de gym féminine. Dans un ballet physique très précis, ils détournent les objets, comme ce porte-voix qui fait office de flamme olympique ou bien de raquettes de tennis par lesquelles ils crachent des balles virtuelles.

Le sport « c’est la guerre, les fusils en moins », disait Orwell. Aussi, au-delà des différentes disciplines, la compétition extrême, la jalousie et la mauvaise foi sont aussi montrées, sans oublier une dimension sexuelle toujours en filigrane. Quelques scènes plus lentes rompent le rythme, notamment un long discours final en anglais, mais on passe un très bon moment en compagnie de ces athlètes qui réactivent avec bonheur la tradition du duo burlesque.

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