Sebastian Marx – Un New-Yorkais à Paris

Il est rare d’assister à un show de stand-up aussi proche de la perfection. Aucune fausse note, pas une once de vulgarité ou de sarcasme malveillant, nulle trace de racolage ou d’interpellation gratuite chez Sebastian Marx, juif new-yorkais plus sobre que Woody Allen (qui a aussi fait du stand-up au début de sa carrière). Marx analyse les Français et les Parisiens mieux que ne sauraient le faire les Français et les Parisiens eux-mêmes, avec une lucidité totale, sans animosité ni mépris, au point presque de devenir comme eux. On avait apprécié, dans un tout autre registre, la performance en français du British pro-européen Eddie Izzard. Voici le spectacle d’un Américain qui aime tellement la France qu’il en a acquis la nationalité

Arrivé il y a douze ans à Toulouse où il a passé ses cinq premières années avant de « monter à Paris », Sebastian Marx a décidé de tout plaquer pour suivre une Française dont il était tombé amoureux. Car il aime les défis : quitter la mégapole la plus vivante des States pour une ville française rimant avec « To lose », il fallait le faire. Et il l’a fait, tout comme de distraire pendant une heure quinze des Parisiens en langue française, lui qui joue son show en américain plusieurs fois par semaine, quand il n’anime pas un plateau d’humoristes anglophones.

Son sujet, en plus de la France, c’est la langue de Molière, créée selon lui par des artistes expressionnistes abstraits qui se sont évertués à ajouter des lettres qu’on ne prononce pas. Il décrypte les expressions idiomatiques, les insultes, les jugements de valeur et nous demande d’arrêter de prononcer des anglicismes avec l’accent français. Quelques adverbes et interjections finement observés lui permettent de s’en sortir en toutes circonstances : « bon bah, voilà, quoi » ! Il évoque aussi la question/réponse la plus fréquente, « Ca va ? Ca va ! », que les Français répètent comme des perroquets pour se reconnaître entre eux. Quant à l’expression « je m’en bas les couilles », il en donne une interprétation géniale qui en dévoile toute l’absurdité. Pour signifier qu’une chose est exceptionnelle, explique-t-il aussi, on dira en France que « c’est vraiment pas mal ». Alors oui, ce show est vraiment pas mal !

Dans une courte première partie, l’Italienne Carla Bianchi nous donne un aperçu de son spectacle au titre un peu lourdaud, « Un amour de la France à ma sauce italienne ». Elle partage sa vision à la fois critique et enthousiaste de son pays d’adoption, sans hélas l’esprit de Sebastian Marx. Un modèle dont elle peut inspirer sans modération…

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