Bartabas et l’Académie équestre de Versailles montent le Requiem de Mozart

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  • Mise en selle et Chorégraphie Bartabas. Avec les écuyers et les chevaux de l’Académie équestre nationale du domaine de Versailles. Direction Musicale Michel Piquemal. Avec le chœur régional Vittoria d’Île-de-France
  • Spectacle vu le 15 mai 2018 à
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Les spectacles de Bartabas, c’est idiot à dire, sont à déconseiller à ceux qui n’aiment pas les chevaux. Inventeur d’un nouveau style équestre esthétique et artistique, créateur du cirque équestre Zingaro en 1984, installé dans le fort d’Aubervilliers en 1989, Bartabas a également fondé l’Académie équestre nationale du domaine de Versailles en 2003 dans la grande écurie du château. C’est un corps de ballet associant le dressage, la danse, le chant ou le tir à l’arc, qui développe la sensibilité artistique des écuyers et préserve « l’équitation de légèreté de tradition française alliée à la pensée chorégraphique ». Sur la piste provisoire de la grande Halle, six écuyères et deux palefrois de l’Académie enfourchent des « lusitaniens crèmes aux yeux bleus » le mors aux dents, écumant, la queue joliment tressée.

Après avoir créé le Requiem de Mozart l’année dernière dans sa version originale, avec Marc Minkowski qui dirigeait l’orchestre et le chœur, Bartabas s’associe avec Michel Piquemal, chef de chœur français récompensé par deux victoires de la musique, pour une version réduite. Au lieu de montrer le Requiem dans sa version orchestrale, il choisit cette fois l’adaptation pour piano à quatre mains arrangée par Carl Czerny, auteur de célèbres exercices de piano. Au dessus de la piste, donc, les deux pianistes accompagnent le cœur régional Vittoria d’Île-de-France et quatre solistes professionnels : soprano, alto, ténor et basse.

Si la musique n’est pas aussi précise qu’on le souhaiterait, il y a un impressionnant travail de scénographie, de lumière, de mise en scène. On voit coïncider le ballet des chevaux avec les grands mouvements du Requiem. Évidemment, l’ensemble est d’une tonalité funèbre et la mise à mort est suggérée par des chorégraphies successives : d’abord Bartabas apparaît seul en scène, torse nu les mains liées comme un condamné, sur son cheval noir. Ensuite se succèdent des corps de femmes pliés sur le dos des chevaux, de plus en plus vivantes, puis c’est un ballet à plusieurs. Les lusitaniens galopent en cercle sur la piste quand leurs trajectoires ne dessinent pas des 8, avec une précision très soignée.

Le spectacle ne dure que 1h10, mais cette chorégraphie funèbre laisse des traces dans la mémoire du spectateur.

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