Compte-rendu de la 1ère scène virtuelle du Chat Noir

  • Article publié le 2 avril 2020

Le soir du mercredi 25 mars 2020 a eu lieu la restitution de la première scène confinée de poésie du Chat Noir. Les internautes ont alors eu une semaine pour élire leurs productions préférées. Compte-rendu de cette première édition virtuelle.

Ils étaient 29 poétesses et poètes, parfois slameurs, philosophes, humoristes ou rappeurs, à répondre à notre appel à contribution poétique avant le 25 mars dernier. A l’issue d’une semaine de vote sur facebook, les internautes ont ensuite pu ‘liker’ les productions qui leurs paraissaient les plus réussies, touchantes ou sensibles. Ces votes ont favorisé à la fois les poèmes les plus populaires et sans doute aussi ceux dont les auteurs étaient les plus actifs sur les réseaux sociaux.

Sur les 29 poèmes reçus, tous intéressants et très différents les uns des autres, les cinq poèmes les plus plébiscités ont été ceux d’Aurélien Di Sanzo, Julie Bailly, Naash Ndiaye, Alexis Treboit, et Nen. A titre personnel j’ai beaucoup apprécié les haïkus de Raphaëlle Lavandier, le poème mystérieux de Miriem Méghaïzerou et la diatribe d’Eugenie Fasola. Mais à dire vrai, j’ai aimé, pour des raisons diverses, chacune de ces 29 contributions !

Bien sûr, la question du confinement est très présente, sans pour autant être centrale, dans cette période où chaque artiste semble occupé à peaufiner son petit journal confiné. Les thèmes traités sont très divers (la poésie, l’amour, la famille, le langage, le jeu, la liberté ou encore la digestion !), avec comme préoccupation essentielle la question du temps, effet indirect de la claustration ou problème consubstantiel à l’activité poétique… Ainsi, plutôt que de produire de nouveaux avatars du ‘romantisme du confinement’, cette scène virtuelle a libéré une créativité tous azimuts, d’autant plus vive qu’elle éclot dans la contrainte des circonstances.

Les 29 poèmes sont donnés dans un ordre volontairement aléatoire. Un grand merci à aux autrices et aux auteurs de ces œuvres de s’être prêté(e)s au jeu !

1. Raphaëlle Lavandier, 12 haïkus du confinement
(Où le haïku est considéré comme un souffle, plutôt que dans une acception stricte en 3 vers de 17 syllabes)

2. Yves-marie Rollin, L’Orage
(Où l’auteur démarque en alexandrins Le Bateau ivre de Rimbaud)

3. Elise Rabia, Printemps de Bourges
(Un texte écrit sur le mode de l’oralité slam qui en a sur le cœur)

4. Kerim Abbas, Famille de merde !
(Un texte en mode stand-up qui se réalise pleinement en format vidéo)

5. Aurélien Di Sanzo, LIBERTÉ
(Où l’auteur a respecté 2 contraintes : écrire LIBERTÉ en acrostiche et semer 21 citations d’œuvres au fil du texte – à lire ou à écouter)

6. Fabiola Bikoyi, Quelle heure est-il ?
(Un poème sur le temps, où les minutes s’égrènent comme des lettres)

7. Elodie Marie, Vis à vie
(Une suite de distiques très subtilement composés)

8. Terence Samba, Par ce poème…
(Un poème pour soutenir ceux qui en ont besoin)

9. Michelle Grenier, Chat noir
(Où l’auteure s’est mise dans la peau d’un chat noir, au fil de ce poème alerte où dominent les octosyllabes)

10. Matthieu Dolivet, Jeu
(Quatre quatrains bien troussés où, évidemment, Jeu est un autre)

11. Marie-Lou Leghima, Je lien
(Un poème tout en échos sonores, chanté et accompagné d’une musique au piano)

12. Ed Wood, Everest
(Trois quatrains et un quintil où la langue est maîtrisée avec humour et doigté, par un membre du Grandiloquent Moustache Poésie Club)

13. Julie Bailly, Tic-tac Tic-tac
(Un poème introspectif sur le temps et l’amour, qui joue avec les mots)

14. Grégoire Pellequer, Quand le Système s’arrête
(Un texte qui décrit la situation actuelle comme un conte, avec une très grande justesse)

15. Naash Ndiaye , GO GIRL !
(Un cri de vie, une déclaration d’existence très puissante, à travers une parole performative)

16. Sandrine Dupin, Écrire pour passer le temps
(Un joyeux exercice de style, en forme de prescription anti-Covid)

17. DonLord, La peur
(Un rap fait maison, digne de la meilleure trap actuelle)

18. Daniella Coletta, Nous ne sommes pas seuls
(Un poème en prose, où la syntaxe en partie supprimée crée des effets poétiques inattendus)

19. Mériem Aït-Meddour, L’essentiel
(Des vers courts évoquant le sentiment d’isolement avec des nuances subtiles et de beaux échos sonores)

20. Stéphane Fall, De quelle chimie malencontreuse…
(Un texte aux accents philosophiques fourmillant de trouvailles lexicales, dont la syntaxe chantournée aiguise notre perception)

21. Julie LafôRie, Démo
(Un poème anaphorique et rythmé sur le sens de la vie, à lire et à écouter)

22. Franck Pelaia, Je t’emmènerai
(Un poème d’amour, parce qu’il en faut, rythmé souvent par l’octosyllabe)

23. Esterelle Lacrimosa, Foutez-moi la paix
(Un poème slam comme un cri du cœur en forme de chronique sociale)

24. Patrick Williamson, Handiwork/Ouvrage
(Un poème sur l’écriture, tiré d’un recueil paru chez l’Harmattan et traduit par Claude Held)

25. Nen, Un cosmos chaleureux
(Un poème d’amour fleuve, slamé et plein de trouvailles)

26. Alexis Treboit, L’envol de la bulle de cristal
(Un poème comme un parfum subtil qui s’évapore)

27. Eugenie Fasola, Ugly people
(Une diatribe amère mais tellement drôle…)

28. Miriem Méghaïzerou , L’obsidienne (I)
(Un poème très littéraire, subtil et référencé – aux accents d’Yves Bonnefoy -, où la typographie joue son rôle)

29. L’AzraëL, Fidèle Gastro
(Pour finir, un poème filmé, scato et rigolo, par le co-animateur de la scène ‘SLAM au BABEL’)

PS : La prochaine scène virtuelle aura lieu mercredi 15 avril (compte-rendu ici). Pour y participer, envoyez-nous vos poèmes d’ici le 15 avril à midi.

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