Le cabaret décadent ou la revue n°69 du Cirque électrique

  • Avec Amélie Kourim : marche au plafond & trapèze - Borie François : jonglage - Marie Le Corre : équilibre sur bouteilles & fil de fer - Pierre Pleven : pole dance & danse - Guillaume Leclerc : fakir - Otomo de Manuel : maître de céremonie - Musiciens : Jean-Baptiste Very - Hervé Vallée - Maria Fernanda Ruette - Adrian Gandour et Mathieu Hedan (équilibre) + Quentin Dée en guest. Photo @Claire Dem
  • Spectacle vu le 13 février 2019 à
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Le cabaret décadent est sans doute la meilleure manière de découvrir le Cirque électrique. Assis à table en bord de piste, on mange les plats servis par les artistes, dont le barman fakir qui incarne ici un soumis recouvert de latex, peau agrafée et porte-manteau accroché au piercing nasal, qui sert de cendrier humain. Ça commence à 21h, mais on a le temps de se mettre à l’aise, à table, avant le début du spectacle, deux bonnes heures plus un entracte, lors de cette avant-première qui précède un mois et demi de représentations.

Entrez dans un trip décadent, transgenre, provocateur, marqué par cette inversion des valeurs propre au carnaval, où « le 6 devient le 9 et le 9 devient le 6 ». Il y a de la contorsion, du mat chinois, du trapèze, de la roue Cyr, une barre de pole dance que maîtrise cet athlète en chaussures à plateforme, et ce latino qui jongle avec des chapeaux ou des cerceaux. Les numéros s’enchaînent et il y a même une tombola – dans une ambiance à l’arrache un peu confuse, empreinte de liberté.

La tchatche facile, un Monsieur Loyal en bas résille et petit caleçon évoque les « nouvelles configurations amoureuses », critique la domination masculine, l’oppression du macho à la Mastroianni qu’incarne d’ailleurs le jongleur, avalant des balles de ping-pong qu’il décrit comme des « couilles de chinchilla »… Des robots geishas apparaissent, un athlète musculeux et tatoué se contorsionne à la barre, une femme Gavroche escalade le mat chinois.

La soirée est marquée d’une ambiance particulière, celle de la famille du Cirque électrique dissoute dans l’alcool et la musique jouée live, électro, hip-hop, rock ou classique. En suspension sur une scène en hauteur, le groupe est mené par Hervé Vallée qui nous montre tout ce qu’il sait faire : chant, guitare, violoncelle (jadis c’était les percus corporelles). Le piano à queue tient miraculeusement, un pied sur une enceinte, accompagnant la voix de la soprano lorsque le feu embrase la piste.

Sur cette place de la porte des Lilas qui se reconfigure au-dessus du périphérique, le Cirque électrique s’est bien implanté. Il fait maintenant partie du paysage.

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