Dédo – Killing Joke part 1

Sept ans après son premier show, le gothique au cœur tendre du Jamel Comedy club est de retour sur scène. Si le titre file la métaphore morbide, puisqu’à Prince des Ténèbres succède Killing Joke (ouhouh), Dédo affirme livrer ici, comme le voudrait la tradition d’un deuxième spectacle, une confession mature où il enlève le masque et raconte sa vie. C’est donc parti pour une heure trente (1/4 d’heure de plus car la salle réagit bien) de show tranquille, assez statique, gentil et agréable bien que rarement surprenant.

Il y a en Dédo quelque chose du métalleux introverti et pas très charismatique. Comment comprendre qui il est ? Il nous raconte son enfance obèse, ses potes, ses copines et sa vie d’artiste à la célébrité pas enviable (on le reconnaît même dans une partouze, un passage marrant mais trop long). La réalité dépassant la fiction, il évoque surtout des choses qui lui sont arrivées, comme cette fille qui avait une façon particulière de faire l’amour. Le cœur de ce show est en effet constitué d’anecdotes vécues que l’humoriste retranscrit de son point de vue décalé, soit la définition même du stand-up. A la fin, on retrouve les traditionnels clichés sur les différences hommes-femmes. « Vous les filles » commence-t-il, avant de donner aux mecs des conseils pour bien choisir l’âme sœur (oui oui !). Si Dédo s’amuse aussi des musulmans et des juifs, il lui arrive de sortir de ce terrain connu en balançant une série de remarques décalées sur les animaux : le canard dont le cri n’a aucun écho, ou la femme scorpion si dangereuse qu’il imagine une grève du sexe chez les mâles.

Dédo convainc quand il sort de son personnage en créant une interactivité avec la salle. Plus empathique qu’emphatique, il veut briser le 4e mur comme c’est l’usage en stand-up, et tente de réveiller un public bienveillant et peu loquace en créant une interaction feinte. Vous aimez les jeux vidéos ? Quel genre de films vous préférez ? Questions rhétoriques destinées à amener la suite de son propos, une défense en règle des jeux vidéos ou une critique de l’indigence du cinéma français, approximatif et larmoyant (comme le montre aussi Arnaud Demanche parmi d’autres). On a beau vouloir casser le 4e mur, comment engager une conversation avec cinquante personnes ?

Bref, Dédo remplit son contrat. Il sert un show-confession sympa et drôle sans être inventif, plus agréable que surprenant. Du stand-up typique en somme, qui fait passer un bon moment.

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