Hentaï Circus d’Eugène Durif, mise en scène Karelle Prugnaud

  • Textes d'Eugène Durif. Mise en scène Karelle Prugnaud. Avec Sylvaine Charrier (Contorsion, cerceau aérien), Stéphane Depont (Acrobatie moto), Myriam Laurencin (Corde, tissu, roller acrobatique), Daphné Millefoa (comédienne), Bob X (Musicien, comédien)
  • Spectacle vu le 3 mai 2016 à
  • Réserver sur liens Fnac

Un cabaret manga érotique ? Dans l’esprit  de Hey la Cie, on découvre sous le même chapiteau ce spectacle foutraque né de la rencontre de deux compagnies, L’Envers du décor fondée par le poète-dramaturge Eugène Durif et la Lanterne magique. Le hentaï, ce sont ces vidéos de manga érotique ou pornographique. A l’origine, le mot signifie transformation, métamorphose, perversion, par opposition au kawaï (mignon, adorable).

Sur la piste surgit Princesse Caniche, une bimbo en petite culotte au style Hello Kitty,  qui frétille autour d’un geek devant son ordi, tandis qu’au fond un chanteur au costume bi-face – nu déchiré derrière, impeccable devant – articule une logorrhée spoken word avant de lâcher des riffs électriques à la guitare, et plus tard, une chanson énervée. Deux écolières trapézistes prennent d’assaut les airs, suspendues à un cerceau, et le public sursaute à l’irruption soudaine d’une moto cross qui fait des bonds incroyables.

Comme dans Le bras de Constentenus, la question de la monstruosité est au cœur de ce spectacle qui fait défiler une foule de créatures hybrides, masquées, poupées, monstres transsexuels, silhouettes de latex, otakus (geeks vivant dans un monde virtuel) ou dollers (hommes mûrs qui se travestissent en poupées manga). Quant à la sirène recouverte de verges-tentacules qui patauge dans un aquarium, est-ce un remix trash du célèbre ballet aquatique du Moulin Rouge ? Tout au long de ces performances, les spectateurs peuvent admirer des images projetées au mur, un mélange d’estampes traditionnelles et de mangas contemporains.

Au fond, Hentaï Circus révèle une alternance un peu bancale de performances physiques et de discours verbeux sur les monstres, récités par le Dr Squid (le Dr Pieuvre) ou cette Princesse Caniche très loquace. Un cabaret trash où l’on célèbre toujours la beauté convulsive prédite par Breton dans l’Amour fou.

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