Le cabaret extraordinaire, par la production Avril en Septembre

Pour animer ce cabaret pluridisciplinaire, qui mieux que Maria Dolores, cette cantatrice loufoque et dépravée ? Elle évolue avec une grâce aquatique sur la scène du Café de la danse, accompagnée de son accessoiriste Jean-Jacques, joué par le polyvalent Christian Tétard, vu comme elle dans Ave Pussicat et dans Greek. Le programme affiche d’autres familiers de Criticomique : les slameurs du Grandiloquent Moustache Poésie Club dont on n’a pas encore découvert le show rap enfantin , les mimes Paraconteurs, ou le circassien Immo. Tous sont produits par Avril en Septembre, à l’initiative d’Armelle Hédin qui les a mis en scène.

On découvre avec joie l’incroyable Yanowski, formant depuis 15 ans le Cirque des Mirages avec son pianiste Fred Parker qui anime la soirée avec une rigueur décontractée. Grand échalas de noir vêtu, Yanowski impressionne déjà sans un mot avec son maintien, sa stature, avant que sa voix d’outre-tombe n’articule des comptines ou des chansons réalistes à faire trembler la salle. Rendez-vous avec lui le 4 avril au Café de la danse, pour un concert annonçant la sortie de son nouvel album, La Passe interdite.

Immo a un peu mal vieilli, depuis son one-man polymorphe vu au Trévise il y a sept ans. Pourquoi annonce-t-il chacun de ses passages en demandant une ovation forcée du public ? Lâchant un petit rire nerveux et automatique après chaque blague, il jongle toujours avec des balles de ping-pong qui finissent par inonder la scène.

Dans cette forme longue et composite (2h40 dont 20 minutes d’entracte), chacun n’a malheureusement pas le temps de déployer la richesse de son univers. Les Paraconteurs, dans ces deux séquences qui semblent surgir de nulle part, ont du mal à faire adhérer le public à leurs œillades séductrices sur du Lionel Richie, ou à leur chorégraphie hip-hop figée sur fond de Snoop Dog. Idem pour les slameurs dont on n’entend que des bribes de textes, même si Edwood se fait passer pour le fils de Maria Dolores.

Car c’est peut-être dans les interactions entre artistes que se créent les moments les plus drôles ou inattendus, comme le duo formé de Maria et son technicien (Christian Tétard), à la fois gouailleur soporifique, clown déséquilibré et violoniste hors pair. La cantatrice nous rejoue ses numéros avec panache, se muant en Nana Mouscouri à roulettes, en Bibie vulgaire et ringarde, ou en sirène portée sur une brouette.

On découvre aussi l’aérienne Caroline Siméon qui assure aux rubans, ou Thomas Trichet qui bute à la fin de son passage en roue Cyr, athlète torse nu dont Maria et Jean-Jacques se disputent les charmes. Les quatre Sea Girls donnent de l’entrain et de l’énergie au public, avec leur style de french cancan décalé nourri de chansons rigolotes, bien qu’elles minaudent peut-être un peu trop à la longue.

Le tout est joliment servi par quatre bons musiciens, Anne Le Pape au violon, Philippe Cortez au Trombone, Guillaume Lantonnet aux percus et Dani Bouillard à la guitare. Une soirée riche en surprises et réjouissante bien qu’un peu inégale.

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