Les fenêtres éclairées – Turak, théâtre d’objets

Le Turak, c’est une forme inventée par Michel Laubu, à la croisée des marionnettes et du théâtre d’objets, peuplée de petits mécanismes ingénieux. A l’image de Rimbaud voyant « un salon au fond d’un lac », le créateur imagine un monde derrière une porte, la mer sous une nappe, et nous plonge dans un univers merveilleux qui tourne parfois au cauchemar, comme le Téléchat de Roland Topor. Sur le grand plateau du théâtre Gérard Philippe, trois fenêtres s’éclairent. Michel Laubu anime la marionnette d’un homme, seul dans son appartement, qui tente d’échapper à la montée des eaux. Autour de lui s’animent d’autres créatures, une femme-chat manipulée à vue par Emili Hufnagel, qu’on finit par ne plus voir, comme Michel Laubu derrière sa marionnette.

Surmontée d’un petit écran où s’animent des micro-mondes fantastiques, la scène est peuplée d’objets étranges : un filet de chaises suspendues oscillant dangereusement entre les personnages, des chaises palmées, une baignoire, des robots qui grattent des guitares ou tambourinent sur des grosses caisses.

On est happé par le rock electro lourd et mélancolique de Rodolphe Burger, joué par Laurent Vichard (guitare et clarinette basse) et Frédéric Roudet (trombone, tuba, trompette). Ces sons organiques illustrent chaque geste, chaque instant de la vie fantastique de cet appartement-île. Marionnettes expressives, décor ingénieux, musique envoûtante jouée en direct : une expérience scénique totale, dont l’univers laisse son empreinte longtemps après la représentation.

Actuellement en tournée en France.

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