Pieds nus dans ma tête

Noémie roule. Elle est postière. Dès le début, on comprend que la phrase épouse le rythme de la bicyclette, le mouvement du corps et de l’âme. La langue hésite, s’emballe, trébuche sur le pied de la lettre, pour faire surgir la vérité, la folie qui y est tapie. Derrière la comédienne qui récite à livre ouvert le journal de sa vie, un accordéoniste sur fauteuil à roulettes, Frédéric Daverio, tisse une toile mélodique lancinante, guillerette ou inquiétante. Noémie, ingénue et aérienne, parle de son chien mort, de son chat femelle et de « son amant dans sa tête », prisonnière d’une logorrhée qui confine à la folie. La création de la jeune Magali de Jonckheere s’incarne merveilleusement dans cette mansarde intimiste nichée sous les combles du Lucernaire.

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