Carole Guisnel

On avait découvert Carole Guisnel lors de la soirée des Queens of Comedy, avec son aisance oratoire et son gimmick « Sous l’océan » qui, tel une formule magique qui la ferait disparaître dans l’Atlantide, la sauve des situations où elle s’humilie en public. On la retrouve à l’Espace Saint Honoré, nouvelle scène du côté des Halles où elle débarque en s’étalant par terre, avec le même paradoxe, toujours : manque d’assurance dans la vie et honte de rien sur scène. Elle raconte ses cours de théâtre avec des profs qui se prennent pour Molière, comme l’ont déjà montré Elie Semoun (Saint Brice), Gad Elmaleh dans son premier show, ou Ary Abitan. Elle imite une fille qui récite des alexandrins avec un énorme accent belge, d’où cette digression : « Brad Pitt avec l’accent belge, je peux pas ! ». Côté vie intime, elle se fait plaquer au téléphone et pète les plombs, hurle, pleure, vomit. La comédienne clôt son show par un défilé où elle commence voilée et termine en culotte à fleurs. Culotté, spirituel, inattendu… Carole Guisnel a tout pour devenir une grande humoriste, avec cette précieuse faculté de ne jamais se prendre au sérieux.

Marine Baousson, qui met en scène le show de Shirley, démarre en vedette américaine dans son rôle de post-ado passée de la Bretagne à Paris, où elle découvre le verlan et prend des cours de théâtre. Elle se demande ce qu’aurait été NTM au temps de Molière et la Fontaine, en imaginant un groupe de rap troubadour (moins réaliste que les authentiques Fabulous Trobadors). Boulotte, elle n’hésite pas à tourner ses formes en ridicule, comme le théâtre subventionné qu’elle raille dans une impro tissée avec deux mots du public, dont elle se sort bien.

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