Campana, par le Cirque Trottola au Centquatre

Par rapport aux autres spectacles de cirque (et même de « nouveau cirque ») à l’affiche en cette fin d’année, le cirque Trottola se distingue avec une touche poétique et une ambiance de rue. Créé en 2002 par Laurent Cabrol, Titoune et Bonaventure Gacon, il réunit aujourd’hui les deux derniers qui s’étaient rencontrés en 1999 au Cirque Klotz, avec Thomas Barrière et Bastien Pelenc, deux multi-instrumentistes bidouilleurs qui assurent la bande son et la sécurité des acrobates. On a vu Bonaventure Gacon dans son clown de clochard céleste et athlétique (Par le Boudu). Le voici épaulé de sa moitié scénique, Titoune, clown voltigeuse qui sort avec lui des bas-fonds de la piste, où gambadera un éléphant digne d’un festival de rue.

Depuis 15 ans, le cirque Trottola exprime l’âme humaine de façon expressionniste. Campana s’inscrit dans cette esthétique singulière. Sous le chapiteau installé dans la cour du Centquatre, ils ne sont que quatre et pourtant ils créent un spectacle foisonnant, à l’aide de leurs machineries, poulies, cordes tendues aux poutres permettant de hisser cette grande cloche estampillée au cirque Trottola qu’ils ont fait fondre pour l’occasion. Sous la piste en puzzle de bois se cache une fosse creusée, inventée pour le précédent spectacle Matamore, où l’on découvre une salle des machines qui semble une  forge de Vulcain.

Différents tableaux se succèdent en 1h30, dans une atmosphère à la fois poétique et sombre, avec ce barbu costaud capable de tout et son aérienne Titoune, toujours sur le fil. On passe de la drôlerie au désespoir, tandis que le duo d’athlètes se projette de la main à la main, Titoune sciant parfois les airs de son trapèze volant, son agrée contrôlé par les musiciens dans leur mezzanine de bric et de broc, où résonnent une multitude de clochettes. Et le public retient son souffle. Alternant avec un personnage au grand manteau sombre, sérieux, le clown Boudu dissémine quelques phrases drôle et poétiques : « c’est pas parce que ça ne m’énerve pas que ça va pas commencer à m’énerver » ou, à la fin : « on est content d’être heureux », dans les acclamations du public.

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