Four corners of a square with its center lost au Cirque électrique

Mais quel est ce spectacle au titre anglais, sibyllin et presque prétentieux, accueilli au cirque électrique ? La brochure dévoile un poème en prose et quelques photos… La bande-annonce ne laisse voir que des silhouettes meurtries sur un air de Boris Vian. Ces « quatre coins du carré qui a perdu son centre » (four corners of a square with its center lost), ce sont les quatre frères et sœurs qui assistent – ou participent – à la mort de leur père.

Un dispositif impressionnant prend place sous le chapiteau du cirque électrique. Le public est installé sur des bancs autour de la piste, entre des enceintes vrombissantes et des écrans affichant les personnages en gros plan. Les spectateurs-voyeurs observent un dîner de famille dans une maison provinciale. Soudain, la tête du père tombe dans son assiette. « Papa tu trempes, tu trempes dans la soupe », dit une de ses filles. Les comédiens sont accompagnés de trois musiciens logés dans une scène-alcôve (guitare, basse, batterie) et d’un narrateur aux airs d’Edward aux mains d’argent. Nous sommes dans un drame familial à la Jean-Luc Lagarce, mis en scène avec une esthétique saturée façon Vincent Macaigne et des passages surnaturels de comédie horrifique.

D’abord on découvre les rapports tendus entre frères et sœur, puis la personnalité trouble de ce père tel qu’il apparaît dans leurs souvenirs ou leurs cauchemars. L’écriture est tantôt ingénieuse, tantôt redondante. Au début on est impressionné par cette mise en espace très audacieuse, puis on s’habitue et les cris des acteurs se répètent ad libitum. Parfois, l’effet de répétition fonctionne, comme le retour à cette première scène où chacun mange sa soupe en rythme. La fureur des sentiments explose sur scène, dans les giclées de sang et la musique saturée. Si vous aimez les explosions, préparez-vous à vivre une épreuve de presque deux heures…

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