CLOSE, spectacle immersif par la compagnie Big Drama

  • Scénario de Clément Marchand, Alexis Pivot, Ariane Raynaud et Roman Carrère. Costumes de Juliette de Romémont. Scénographie de Doriane Frereau. Mise en scène d’Ariane Raynaud. Avec Anaïs Pinay, Emma Scherer, Eva Freitas, Anthony Fernandes, Alexis Pivot, Nathanaël Bez, Rosy Pollastro, Guillaume Tagnati, Karim Dinah-Camara, Clara Brajtman, Diane Renier, Roman Carrère, Bérangère Pivot, Clement Bourdeleau, Ariane Raynaud, Paminade Hauteclocque
  • Spectacle vu le 11 avril 2019

Le spectacle immersif est à la mode à Paris en ce moment, après DAU qui a fait polémique au théâtre du Châtelet. Dans la foulée, Close se présente comme la première création immersive en France. On vous invite à découvrir l’atmosphère interlope d’un cabaret parisien pendant la Grande Guerre, en 1917, lorsque artistes, marginaux et révolutionnaires se retrouvent dans une maison close baptisée le Phénix. On se fond dans cet univers soigneusement décoré, une reconstitution crédible avec objets chinés, bougeoirs, miroirs, dentelles, lettres de courtisanes à leurs clients. Le lieu lui-même est très bien choisi, qui se déploie comme une galerie circulaire avec sa mansarde, au premier étage d’un bâtiment du 11e arrondissement. L’adresse n’est révélée qu’au dernier moment, un peu à la façon des free parties à l’ancienne, pour alimenter le mystère.

C’est le collectif Big Drama qui met en scène cette reconstitution, après avoir conçu d’autres spectacles immersifs selon une vogue initiée par les Anglais. Mais on aurait la mémoire courte à croire assister à la naissance du spectacle immersif. Ceux qui fréquentent les festivals de rue connaissent cette immersion dans la foule, et plus particulièrement les habitués du festival d’Aurillac, dont la programmation in fourmille de spectacles interactifs jouant avec les nouvelles technologies, le smartphone ou même la voiture. On pense à cette performance connectée in situ, à ce drive in théâtral, à ce lieu onirique, sans parler des expériences concentrationnaires de la Furas del Baus ou de cette conférence sur la sécurité qui part en live.

Certes, à l’époque de Shakespeare, on jetait des tomates pourries sur les comédiens en criant à tue tête, quand l’usage veut qu’aujourd’hui qu’on reste bien coi sur son fauteuil. Mais aujourd’hui, nous avons la chance de vivre à cette époque où les spectateurs peuvent interagir avec ce qui se déroule autour d’eux, sur scène, et le 4e mur tombe. Même s’il est difficile d’installer une ambiance en 1h30 dans un lieu clos, le Phénix réussit à exister grâce à des comédiens convaincants qui interagissent dans un cadre plus large que la succession de tableaux vivants du Manoir de Paris.

Nous sommes libres de déambuler dans cette maison où se joue un drame et chacun vit son propre film. Cette expérience est aussi rendue particulière par le port d’un masque, à la fois costume qui habille les spectateurs semblant intégrer ce ballet général, et œillères donnant un caractère cinématographique à la vision du spectacle – même si la plupart des gens finissent par enlever leur masque. Si les comédiens parlent parfois aux spectateurs, ceux-ci ne peuvent hélas pas influer sur le cours du spectacle – sauf à un moment, dans une salle. Pas étonnant étant donné que l’action se déroule simultanément dans plusieurs espaces, selon une narration complexe et linéaire. Au moins, on peut écouter aux portes et fouiller dans les coins… Reste à inventer un spectacle immersif totalement interactif !

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